mercredi 2 mai 2007

Il faudra "bien" choisir

Bien, nous voilà donc en situation de choisir, dans trois jours deux bulletins.
Pour celles et ceux qui hésitent encore il y a ce soir un grand débat. Après une première semaine de campagne « perturbée » par la polémique autour du débat Bayrou-Royal, que certains ont qualifié d’anti-démocratique (!), ce soir nous aurons droit cette fois au « grand débat », le débat légitime celui que les Français attendent depuis 12 ans.
Etonnant de voir cohabiter les termes débats et anti-démocratiques. Le débat étant le fondement même de la démocratie… ; et l’on ne peut que regretter qu’il est fallu attendre le deuxième tour pour assister à des confrontations entre candidats.
Dommage que notre système médiatico-politique se contente d’ailleurs d’un seul débat : peut-être y aurait-il à s’inspirer pour une fois des Etats-Unis où plusieurs débats thématiques sont à chaque fois programmés entre les candidats. Cela éviterait que des pans entiers des programmes des candidats, et en premier lieu la politique étrangère, ne soient, sciemment ou par manque de temps, occultés.

1 commentaires:

bernard a dit…

"Cela éviterait que des pans entiers des programmes des candidats, et en premier lieu la politique étrangère, ne soient, sciemment ou par manque de temps, occultés."

Ça c'est clair : j'ai notamment été très surpris de la teneur du discours de Nicolas Sarkozy qui, dès la proclamation des résultats du second tour, n'a parlé pratiquement que de politique étrangère, donnant un message à toutes les parties du monde, soit directement, soit indirectement en les omettant de son listing comme la Russie, la Chine ou l'Amérique du sud (tiens au fait, ça sert à quoi que M. Sarkozy vienne faire des grandes phrases à Biarritz pour le Foro Europe - Amérique latine, il y a un ou deux ans je ne me rappelle plus ?), alors que toutes ces thématiques avaient été soigneusement écartées pendant toute la campagne ? Sans émettre un jugement sur le fond de ce qu'il a dit, car la question n'est pas là, je trouve ça vraiment lamentable. Ça fait quand même partie des principales attributions d'un chef de l'État ! Et on a le droit de savoir à l'avance où les candidats comptent nous amener !
Le reproche est tout aussi valable pour Ségolène Royal qui a elle aussi soigneusement éviter de s'aventurer sur ce terrain.
A tel point qu'à présent, les pays qui nous entourent et nous observent, n'ont aucune idée de la nature de notre politique étrangère pour les cinq ans à venir.

Un seul exemple, tiré du quotidien argentin Pagina 12 (15/04), cité par Courrier international


"Une campagne avec peu de débats et beaucoup de patriotisme",

Une bonne partie des thèmes qui circulent dans la campagne sont sortis de l'armoire de l'extrême droite : autorité, sécurité, identité nationale, respect des signes patriotiques, immigration, ordre, déviations génétiques. Le monde paraît s'être réduit à l'espace national, un territoire à protéger. […]
Le déplacement à droite de l'électorat est tellement spectaculaire qu'il y a une semaine, le même Nicolas Sarkozy reconnaissait : "La France est vraiment à droite". Mais ce virage conservateur des électeurs et des politiques ne fait que refléter une attitude d'enfermement. Dans un monde de plus en plus intégré, la France va aux urnes comme si le reste du monde n'existait pas. […] En ce qui concerne l'Amérique latine en particulier, les candidats à la présidentielle dépassent tous les niveaux d'ignorance ou d'indifférence imaginables.
Et si un oeil curieux s'intéresse à ce que disent les programmes présidentiels sur
l'Amérique latine…la première réaction est un éclat de rire. Même les partis issus des mouvements anti globalisation, qui fréquentent tant les forums comme celui de Porto Alegre n'ont consacré une ligne à une région avec laquelle la France entretient des relations économiques de haut niveau. Au sein de l'Union européenne, Paris est un des principaux investisseurs en Amérique latine. Mais les douze candidats présents à l'élection ferment les yeux sur le monde. Un monde hyper connecté, en forte interrelation, et une France dont les candidats – comme ils le déclarent- aspirent à incarner un modèle universel, mais qui restent bloquer dans les rayures étroites du drapeau, l'hymne national, la sécurité et la restauration de l'autorité au sein de l'espace national".



A écouter également, l'émission "Et pourtant elle tourne" sur France Inter, avec le 7 mai dernier comme thème : Le nouveau président français vu de l'étranger.