mardi 22 mai 2007

Quelle place pour la jeunesse ?

Le 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen est au second tour de l’élection présidentielle. La jeunesse, elle, est dans la rue, s’engage en masse dans les mouvements associatifs, adhère même aux partis politiques. L’élection passée, Jean-Pierre Raffarin est nommé premier ministre, et décide de rapprocher au sein d’un grand et même ministère la Jeunesse, l’Education Nationale et la Recherche (tout un symbole…). Un véritable échec : l’administration en charge de la jeunesse, historiquement rattachée et réunie dans les mêmes locaux que les sports à Paris, et ses administrations déconcentrées, n’arriveront jamais à travailler avec le « mammouth » de l’Education Nationale. Luc Ferry est coincé entre Xavier Darcos (son ministre délégué à l’enseignement scolaire), et Nicolas Sarkozy (déjà), qui vient rue de Grenelle à la rencontre du ministre (et des journalistes…), pour trancher la question de la décentralisation des personnels de l’Education Nationale.

En 2004, Jean-François Lamour, déjà ministre des Sports, « récupère » la Jeunesse lors de l’arrivée de Dominique de Villepin à la tête du gouvernement.
C’est à ce moment-là, quelques jours après l’attribution de ce nouveau portefeuille, que je l’ai rencontré et que j’ai commencé, au sein du Conseil National de la Jeunesse (CNJ), à travailler avec lui.

19 mai 2007 : Roselyne Bachelot est nommée ministre de la Santé de la Jeunesse et des Sports.

Entre-temps, les banlieues se sont enflammées en 2005 , la question, pourtant prioritaire, du chômage des jeunes qui touche presque 25% des moins de 25 ans, reste, quatre ans après le 21 avril, la grande absente du débat public et des priorités politiques.

Roselyne Bachelot est donc aujourd’hui la nouvelle ministre de la Jeunesse. J’en suis heureux car, jusqu’à l’écoute à la radio de la composition du nouveau gouvernement, je redoutais l’absence du « portefeuille » de la jeunesse dans « Fillon I » : les médias, qui depuis plusieurs jours, nous donnaient avec une rare précision la composition du futur gouvernement, n’en faisaient jamais état. Au mieux un secrétariat d’Etat, voire un retour dans le giron de l’Education Nationale, auquel on envisageait même de raccrocher la culture au sein d’un grand et même ministère que le nouveau président de la République semblait initialement vouloir créer. Rien d’étonnant à cette absence présumée quand on voit la place que les questions touchant la jeunesse ont occupé (ou plutôt n’ont pas occupé…) durant la campagne présidentielle ; j’avais déjà eu l’occasion de le relever dans la presse quelques jours avant le premier tour.
Finalement, le ministère de la Jeunesse des Sports et de la Vie associative n’est pas démantelé (la vie associative disparaît tout de même…), mais il devient partie intégrante du ministère de la Santé. C’est là, à la Santé, que seront installés les bureaux de la nouvelle super-ministre, comme elle l’a très vite précisé, tout en s’empressant d’ajouter qu’elle ne serait pas « la ministre de la Santé et accessoirement du Sport ». Oubliant par là même déjà son portefeuille de la jeunesse (sic !).
Bon courage Madame le ministre!

Pendant trois ans, Jean-François Lamour a été très présent, et surtout attentif, aux questions de la jeunesse, bien plus que son prédécesseur, ce malgré un agenda sportif surchargé (jeux olympiques d’Athènes, Coupe d’Europe de Football et candidature de Paris pour les JO de 2012). J’ai vu la difficulté avec laquelle il fallait jongler avec son emploi du temps démentiel. Le ministre des Sports est en effet par principe extrêmement sollicité : compétitions sportives, rencontre avec les fédérations, instances européennes ou mondiale du sport, lutte anti-dopage, conseil des ministres européens des sports etc. Paradoxalement, il avait aussi été bien peu sollicité, sur la question des banlieues par exemple, par son chef de gouvernement. Qu’en sera-t-il avec Mme Bachelot et M. Fillon ?

Ne tombons pas dans le procès d’intention. Tout porte à croire pourtant, à moins qu’un secrétaire d’Etat ne lui soit dépêché après les législatives pour « Fillon II », que la nouvelle ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports aura bien du mal à faire siennes les questions de jeunesse, et en tout cas à replacer la jeunesse à sa place : une place centrale.

2 commentaires:

victor a dit…

Extrait du dicours de François Bayrou au Zenith : "Ils (les candidats du Modem aux législatives) livrent là pour beaucoup leur premier combat. Mais ce combat sera suivi de bien d’autres, plus faciles, plus encourageants. Car dès l’année prochaine, dans dix mois, viennent les municipales, véritable occasion de reprendre à la base l’enracinement de terrain, avec des femmes et des hommes jeunes, nouveaux, dans toutes les communes françaises, une véritable ruche pour l’activité civique, pour des personnalités engagées. Puis viendront les régionales et les européennes avec un mode de scrutin pluraliste. Nous avons commencé une longue marche, et cette marche, pour moi, elle est enthousiasmante".
Les jeunes ont massivement voté Bayrou aux présidentielles, beaucoup veulent s'engager, le Modem leur fait confiance, aspire à les faire monter sur le devant de la scène, tant mieux.
Au fait, une info : les adhésions (et non plus les pré-adhésions) sont désormais ouvertes sur www.bayrou.fr : c'est le moment pour chacun de confirmer son engagement.

Anonyme a dit…

Bin les jeunes du Modem, dans le coin, on les a pas beaucoup vus ! Le contexte n'était pas idéal ok, mais dans la circonscription de Biarritz, n'aurait-il pas mieux fallu miser sur l'avenir ? Quand à celle de Bayonne, personne ne connaissait la candidate, il y avait pourtant moyen d'exister puisque le 1er tour a confirmé une donnée qu'on pouvait sentir venir : M. Espilondo est hors course.
En attendant, c'est à l'intérieur que les choses se jouent pour le MoDem, et j'espère que M. Lassalle, toujours très jeune d'esprit, va l'emporter. Il est logique, pragmatique, tenace, des qualités qui, sur le long terme, payent. Ses deux concurrents ne sont pas à la hauteur, trop ancrés dans les vieilles méthodes idéologiques pour l'un, d'opportunisme pour l'autre. Pour information : http://special.sudouest.com/rubrique.php3?id_rubrique=51